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Au Pair à Belfast: l’expérience de Pascaline

Vous le savez, j’aime bien parler expatriation par ici sur le blog. Aujourd’hui, je voulais aborder un nouveau sujet, celui des filles au pair. 

Vous êtes plusieurs à m’écrire tous les mois sur les différents jobs en Irlande du Nord et sur les possibilités pour apprendre l’anglais. En voilà donc une! Devenir au pair. Pour vous en parler plus amplement et avoir un véritable retour, j’ai interviewée Pascaline, une jeune française au pair depuis 2 ans à Belfast.

Bonjour Pascaline! Peux-tu te présenter en quelques lignes?

Bonjour ! Je suis Pascaline, j’ai 24 ans et je viens de Vichy en Auvergne. Je suis allée en faculté d’arts plastiques dans laquelle j’ai obtenu ma licence d’art il y a quelques années. Je suis désormais sur Belfast depuis un an et demi où je travaille en tant qu’au pair.

Tu es au pair à Belfast depuis plus d’un an maintenant, comment as-tu trouvé cette famille ?

Je suis au pair à Belfast depuis 1 an et demi et j’ai trouvé ma famille (enfin c’est plutôt elle qui m’a trouvé) sur le site internet AupairWorld. En effet, tu peux contacter des familles comme elles peuvent te contacter si elles aiment ton profil.

Il existe également des agences -payantes- qui aident à trouver des familles et vice-versa. Je pense que le suivi de dossier peut être rassurant et passer par ces agences aide à trouver plus rapidement une famille. Cependant, Aupairworld est très bien et on y trouve beaucoup de conseils sur la vie en tant qu’au pair.

As-tu rencontré des difficultés pour trouver une famille ? Si oui, lesquelles ? Si non, comment as-tu procédé ?

J’ai été très chanceuse car je n’ai eu aucune difficulté à trouver une famille. En un mois, je savais que je partais à Belfast.

Après m’être inscrite sur AupairWorld, j’ai créé un compte où j’ai d’abord choisi les pays que j’envisageais, puis j’ai répondu aux différentes questions que le site pose afin de personnaliser et de cibler au mieux mes recherches. Enfin, j’ai rédigé un résumé avec les raisons pour lesquelles je souhaitais devenir au pair, mes expériences avec les enfants puis mes traits de caractères.

Au quotidien, quelles sont les taches que tu occupes en tant qu’au pair ?

Je m’occupe de tout ce qui concerne les enfants. C’est-à-dire que chaque matin, je leur donne le petit-déjeuner, la toilette, je les habille pour l’école et enfin je les conduis à l’école. Après ça, je m’occupe des lessives, je range leurs chambres et les vêtements. Les après-midis, nous faisons des activités, puis vient l’heure du dîner puis du bain. Les parents n’ont plus qu’à les mettre au lit !

Je babysite également un soir par semaine (le mercredi généralement) et assez souvent le week-end (soit le vendredi ou le samedi soir, mais jamais les deux soirs de suite) car les parents de ma famille sont fêtards (mais cela dépend des familles).

Est-ce-que tu considères ton emploi d’au pair difficile ? Pourquoi ? 

Non, je ne peux pas dire qu’être au pair soit difficile car il y a bien pire je pense comme emploi. Je dirais plutôt que c’est très fatigant.

Gérer les enfants, c’est toujours avoir un œil sur eux, car une seule seconde d’inattention suffit pour qu’ils fassent des bêtises, renversent ou bien pire encore. Répéter 1000 fois la même chose jusqu’à ce qu’ils décident de s’y atteler fait aussi parti du quotidien. Se lever toutes les 5 minutes pour leur donner ci, faire cela… et ne pas toujours avoir une reconnaissance en retour peut être éprouvant de temps à autre.

Quelles sont les qualités nécessaires selon toi pour être au pair ?

Je me suis lancée en tant qu’au pair avec quasiment zéro expérience avec les enfants. J’ai appris sur le tas ! Je reconnais alors qu’il faut avoir énormément de patience (ce qui me manque grandement, mais c’est faisable). Selon moi, la qualité la plus importante à avoir pour être au pair, c’est d’avoir une âme d’enfant. Il y a des moments où je me demande même qui est le plus mature entre les enfants et moi !

Etre organisé est aussi très important, sinon on se laisse très vite déborder. Et pour finir, je dirais une pointe de caractère, cela peut aussi servir ; ne pas se laisser dépasser par les enfants, sinon ils peuvent nous faire vivre un enfer. Il faut donc être assez caractériel et savoir se faire respecter par les enfants mais aussi oser l’être devant les parents.

Côté anglais, est-ce-qu’être au pair est vraiment un plus pour t’améliorer dans cette langue ?

Je suis arrivée ici avec un anglais disons médiocre. Etre au pair est définitivement (de mon point de vue) un des meilleurs moyens pour apprendre l’anglais. Etre entièrement plongé dans une famille qui ne parle QUE anglais est essentiel ! En l’espace de 2 mois, mon anglais s’est beaucoup améliorer et maintenant, je me considère presque bilingue. Mais encore une fois, il faut choisir une famille qui ne parle pas votre langue maternelle, sinon l’expérience serait selon moi pour moi inutile. J’ai eu la chance d’avoir une famille qui m’a payé de très bons cours d’anglais, ce qui m’a énormément aidé.

Est-ce-que tu recommanderai cet option pour les jeunes qui souhaitent pratiquer leur anglais et obtenir une première expérience a l’étranger ? Pourquoi ?

Oui, je recommanderai cette option mais pas à n’importe qui. Premièrement, c’est une des manières les plus simples pour partir à l’étranger en évitant de se retrouver sans rien. D’entrée de jeu, tu arrives dans une famille ; tu as donc un logement que tu ne paies pas et aucune charge. Tu peux donc partir à l’étranger sans avoir de grandes économies et en étant beaucoup moins stressé car tu es entouré. Etant ma première expérience à l’étranger, je recommande grandement cette expérience, mais comme je le disais, être au pair n’est pas pour tout le monde.

Je pense qu’il faut être un minium mature car il y a quand même la total responsabilité des enfants en jeu et les parents te donnent leur entière confiance. La crise d’adolescence à retardement n’est donc pas là bienvenue.

Etre au pair, c’est aussi être au service des parents (terrible à lire, mais c’est bien ça) et donc accepter d’annuler ses plans au dernier moment ou de devoir travailler alors qu’on est normalement en congés. Il faut donc être assez flexible. On ne peut pas faire tout ce que l’on veut. Je dirais que le rythme d’une/un au pair ne colle pas forcément avec des envies de liberté comme celles d’une vie étudiante par exemple.

Qu’est-ce que ce poste t’a apporté selon toi jusqu’à présent ?

Ce poste m’a apporté énormément d’assurance et de confiance en moi. J’ai beaucoup changé depuis que je suis expatriée et au pair. J’ai fait un bon de 10 ans coté maturité je pense. Je ne dis pas que j’étais immature avant, mais travailler avec des enfants apportent une responsabilité telle que maintenant, je me rends plus compte des dangers et j’observe tout autour de moi.

En règle générale, que conclus-tu de cette expérience ?

Ma conclusion est très personnelle car chaque expérience reste unique même si, lorsqu’on se retrouve entre au pair, tel des Desperate Housewives, les discussions finissent toujours par parler de nos problèmes de « mamans » à mi-temps.

Malgré ça, cette expérience reste pour moi extraordinaire car je suis tombée dans une famille aussi folle que moi (trouver une famille qui nous ressemble est garant de réussite et de bonne entente). Les enfants que je garde sont comme le petit frère et la petite sœur dont j’ai toujours rêvé et je n’ai pas peur de dire que ma deuxième famille se trouve à Belfast.

Je conclus donc qu’il faut partir au pair sans trop d’attentes pour ne pas être déçu, mais aussi avec quelques bases pour ne pas « se faire avoir » car il existe malheureusement beaucoup de familles qui abusent de la situation d’au pair. C’est donc avec les histoires d’autres filles que j’ai rencontrées sur place que je me rends compte qu’il faut quand même établir des règles, et se mettre au clair avec l’attente des familles. Il faut par exemple :

Se renseigner sur le nombres d’heures que la famille souhaite vous faire travailler, et donc en conséquence, se renseigner quant à la paie qu’ils proposent ;

*Etablir une liste de taches ; être au pair, c’est travailler avec les enfants, donc faire la lessive de toute la famille ou bien encore ranger toute la maison ne sont pas des taches de mon ressort ;

*Ne pas non plus « se laisser bouffer » par les parents, ne pas les laisser abuser de votre temps libre. Ce n’est pas parce que tu restes tranquille à la maison pendant ton temps libre que tu dois ou peux t’occuper des enfants !

*Ne pas hésiter à lister les taches que vous ne voulez pas faire comme laver le linge des parents, le repasser, ranger leur chambre, faire les courses … etc. Il est nécessaire de fixer vos règles et non pas d’attendre celles de la famille. Cependant, il faut quand même garder en tête que ça reste une vie en collocation donc bien évidemment, aider aux tâches ménagères reste important.

Ce sont quelques points importants à savoir. Après cela, c’est au petit bonheur la chance. Je compare souvent mon aventure au loto. Soit tu tombes sur le gros lot, soit tu perds. Moi qui suit habituellement perdante aux jeux, je dois dire que j’ai touché le jackpot cette fois-ci ! Je n’ai aucun problème avec ma famille et la seule chose qui me ferait partir est ce besoin d’autonomie, d’indépendance et bien évidemment l’envie d’une vraie paie.

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