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Istanbul, série photos et longues péripéties

En novembre dernier, nous arrivions à Istanbul, en Turquie. La fin d’un voyage en train, la fin d’un InterRail. Après 10 jours de voyage depuis Berlin, après avoir traversé la République Tchèque, l’Autriche, la Slovénie, la Croatie, la Serbie et la Bulgarie, nous arrivions au point de rencontre de l’Orient et de l’Occident… en bus. Et quel désappointement. Après un InterRail sans faute, c’est dans un bus des plus miteux que nous avons terminé notre voyage.

Nous partons de Sofia en Bulgarie en fin d’après-midi. L’itinéraire ne prévoyait aucun stop, direct jusque Istanbul, arrivée vers 7 heures le matin. Nous ne sommes pas beaucoup à bord, quelques personnes montent, mais pas grand monde. Nous pensions avoir une cabine avec des couchettes, étant donné que c’est un train de nuit, mais non, juste des sièges. Nous prenons nos places dans un coin du wagon. Le train est presque vide, nous sommes peut-être une dizaine, mais pas plus. Le train quitte le quai, on s’est fait une raison, cette nuit ne sera pas la meilleure. Les lumières sont encore allumées et les accoudoirs ne se relèvent pas. On dormira assis, on l’a déjà fait, ce n’est pas la fin du monde.

Nous sommes en marche depuis environ deux heures. Le train s’arrête soudainement. L’attente est longue, personne ne descend, personne ne monte. Les contrôleurs n’annoncent rien. Y-a-t-il en fait des contrôleurs? Nous n’avons vu personne jusque là… . Un peu inquiets, nous décidons d’aller vers les autres passagers et de demander s’ils en savent un peu plus. Un contrôleur arrive au même moment et explique quelque chose en russe. Une jeune fille nous remarque et nous explique en anglais. Il y a un problème sur les rails, nous devons sortir, un bus nous attends devant. Il nous reconduira à la prochaine station où un autre train nous attends.

Nous quittons le quai, montons à bord de ce bus. Il pleut des cordes dehors. Il fait nuit noire. Il fait un froid de chien dans le bus et il y pleut autant que dehors. Le plafond est troué, l’eau s’infiltre, les sièges sont tous humides. On est pressés d’arriver dans cette prochaine gare. On est tous un peu entassé, c’est un petit bus pour une dizaine de personnes seulement. Au fond, deux jeunes s’endorment assez rapidement. Devant nous, un couple se dispute, j’ai l’impression qu’il va tuer sa femme… . A côté, une femme qui fume. Le bus est déjà pas grand mais alors avec la fumée en plus… . A l’entrée du bus, un homme s’engueule avec le chauffeur. Je ne sais pas pourquoi, je ne comprend pas, mais il n’a pas l’air content. Et puis les autres non plus car à cause de lui on ne pars pas. C’est après un bon quart d’heure seulement qu’il a “lâché l’affaire” et nous a laissé partir.

Le bus part, nous roulons très vite. Il fait nuit noire, le bus n’a qu’un seul phare qui fonctionne. Premier arrêt, on nous dit de rester dans le bus. Le couple d’en face s’en va. Alléluia. Puis nous reprenons la route. Deuxième arrêt, la femme et la jeune fille qui parlait anglais descendent. On leur demande, elles nous disent de rester, qu’on arrive bientôt. Hum… . Nous ne sommes plus beaucoup dans le bus, cela fait déjà une heure qu’on roule. Elle est loin cette gare? Personne ne nous comprend ici, personne ne répond. Il fait encore plus froid, nous sommes trempés.

Un troisième arrêt survient après une bonne demi-heure, on se dit que c’est le bon, cette fois. Tout contents, on commence à remballer nos sacs qui nous tenaient quand même un peu chaud jusque là. On s’arrête, le conducteur nous regarde et lance “stay here” sur un ton pas très chaleureux. Ce n’est visiblement pas une gare ici. On est resté environ 30 minutes, il est allé aux toilettes, fumé une clope, s’acheté un sandwich. Pendant ce temps-là, on attend. On ne sait pas où l’on est, où l’on va. Il est presque 2h du matin, nous sommes gelés et vraiment trempés c’est officiel. Puis on a repris la route, pendant des heures, à scruter le chemin, en attendant d’arriver. On a bien tenté de demander à plusieurs reprises quand on arriverait à la prochaine gare, mais rien. Nous ne sommes plus que 4 dans le bus et le chauffeur. Les deux jeunes du fond dorment toujours, ils ont bien de la chance. On a traversé la Bulgarie en bus, on a attendu des heures à regarder le chemin en direction de cette fameuse gare. On est passé par des chemins, même pas des routes. Puis vers 6 heures du matin, on est arrivé à la frontière turque. On en croyait pas nos yeux, il n’y avait pas d’autres trains. On a traverser tout le pays dans ce bus miteux. Mais on était contents d’arriver.

Nous passons la frontière, trempés, fatigués, gelés, avec nos gros sacs à dos qu’on a jamais tant aimé. De l’autre côté, un bus immense, sièges en cuir et chauffage nous attends. Il y a même des toilettes et une machine à café. Rien que l’idée d’être au chaud me rend heureuse. Celle de pouvoir se défaire de nos 10 couches de vêtements trempés aussi d’ailleurs. On a roulé 2 heures environ dans ce bus avant d’arriver à Istanbul. La ville s’éveille, je suis aux anges. Depuis le temps que je voulais voir Istanbul! Mais il nous faudra quelques heures de sommeil et une bonne douche d’abord. Direction l’hôtel, ensuite on commencera à explorer la ville.

 

Crédits photos @ Pedro Pereira

Retrouvez également la série des Petits Polas en InterRail!

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  1. Ouh la la quelle aventure ! Ou mésaventure ! Un drôle de dernier trajet, mais mine de rien, on finit par chérir les mauvaises expériences autant que les bonnes quand il s’agit de voyage… Enfin, moi je trouve. Il m’est arrivé une galère similaire, sauf que c’était en bateau et que ça a duré trois jours au lieu d’un… Mais je souris en y repensant ! 🙂 En tout cas j’ai hâte d’en lire davantage sur Istanbul et les photos sont si jolies !

  2. Ah les imprévus pas vraiment plaisants quand on est dedans, mais qui deviennent ensuite des histoires que l’on racontera mille fois et dont on finit par rire. Évidemment, en direct, on est rarement mort de rire, sauf à avoir un recul que je n’ai pas en tout cas !!
    J’avais pris l’option bus dès le début, un bus de nuit de Bucarest à Istanbul, donc pas de problème de rail 🙂

    • ViolaineVM dit

      En effet! Je crois que le plus décevant était de finir l’InterRail en bus. Puis le trou dans le toit du bus bien évidemment… lol! Mais comme tu dis Laurent, ce sont des anecdotes que l’on raconte par la suite et ça c’est plaisant 😀

  3. Wahou quelle nuit ! Mais aussi quelle chance de finir ce voyage par Istanbul. C’est un souvenir merveilleux de voyage pour moi : le premier “road-trip” à 18 ans avec 2 copines. Nous avions passé 2 semaines à Istanbul puis nous avions descendu la côte jusqu’à Antalya. J’ai très envie d’y retourner pour revoir cette ville, ce peuple, et aussi découvrir la Cappadoce…

  4. A coup sûr un périple qui m’aurait mis le moral dans les chaussettes. Et puis le froid, l’humidité … dur de voyager ! Je ne suis pas assez fataliste pour dormir dans de telles conditions, comme les jeunes du fond. Mais je rejoins tes autres visiteurs sur le fait que les imprévus de voyage font généralement de jolies (et souvent drôles) histoires à raconter au retour.

  5. Pingback: 2014, première année de blogging pour Vio' Vadrouille!

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