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O’Rourke’s table : légendes et vues panoramiques dans le Leitrim

Petit paradis rural irlandais, le comté de Leitrim regorge de bien des secrets tel que O’Rourke’s table.

A seulement 10 minutes de route de Dromahair, dans le nord du comté, se tient une petite montagne plate au sommet nommée la table d’O’Rourke. Certains diraient que c’est une colline, mais ici, c’est un réel site de légendes que les habitants admirent et protègent.

A l’entrée du sentier, le panneau indique ‘Scene of the Valley Lay Smiling, Moore’s famous melody’, rendant hommage au poète irlandais Thomas Moore. D’en bas, on ne peut apercevoir qu’un faible morceau de ce qui attend les marcheurs une fois au sommet de cette montagne.

Enfilez vos chaussures de marche, je vous emmène dans un coin splendide et méconnu d’Irlande : l’Irlande hors des sentiers battus.

O’Rourke’s table : site de légendes dans le Leitrim

Une centaine de marches taillées dans le flanc de la montagne représentent le sentier principal de cette balade. Au printemps, le sentier est bordé de bluebells, ces jolies clochettes violettes que sont les jacinthes des bois.

Si le lieu est chargé d’histoires, la légende qui domine est celle de Tiernan O’Rourke, un chef qui vivait dans la région. On raconte par ici que Tiernan était un habitué de la marche et de la montagne. Il avait pour habitude de monter au sommet pour voir si sa femme avait laissé une bougie allumée au bord de la fenêtre. Si oui, alors c’était un symbole d’amour.

Un jour, Tiernan est monté, mais n’a plus vu la lumière de la bougie. On dit que Dervorgilla, sa femme, se serait enfuie avec Dermot McMurrough, alors roi de la province de Leinster en 1153. Voilà qui a fait des McMurrough des exilés d’Irlande !

Il existe cependant de bien nombreuses versions de cette histoire.

L’une d’elles varie légèrement et raconte qu’O’Rourke gravissait la colline alors qu’il était sur le chemin de son pèlerinage jusqu’au Lough Derg quand son regard se posa sur son château dans la vallée. Là, il remarqua un battement de linge blanc en bas. Mais ce qu’il pensait être un au revoir de son épouse aurait en fait été un signal aux troupes de son rival, Dermot McMurrough, qui attendaient patiemment. Mais alors, Dervorgilla s’est-elle enfuie ou a-t-elle été enlevée ?

La tapisserie de Ros que l’on peut admirer sur le panneau à l’entrée du sentier interprète l’événement, montrant le couple fuyant sur une jument blanche. On dit qu’ils se seraient enfuis vers le royaume de Dermot à Ferns dans le comté de Wexford.

Quelle que soit la vraie version de l’histoire, cet événement a changé le cours de l’histoire irlandaise. Dermot a dû aller chercher de l’aide hors Irlande et s’est ainsi réfugié en Angleterre. Il a par la suite obtenu l’aide d’Henri II, et quelque temps plus tard au XIIe siècle, les premiers Anglo-Normands sont arrivés en Irlande.

La balade est relativement courte, et embarquer le pique-nique n’a jamais été une meilleure idée ! Nichée au beau milieu d’un champ de bruyère, quelques linaigrettes et autres fleurs sauvages, une jolie table attend les marcheurs pour un moment de détente et d’admiration.

La vue depuis le sommet est tout bonnement merveilleuse, donnant sur tout le comté de Sligo et de Leitrim par temps clair. On peut apercevoir en bas le château de Parke’s et au loin, la montagne de Knocknarea. La vue sur le Lough Gill est imprenable !

Mais qui était Thomas Moore ?

Thomas Moore, décédé en 1852, était poète et musicien. Il était aussi l’un des premiers catholiques à étudier à Trinity College à Dublin.
 
Artiste renommé de sa génération, admiré par Goethe ou encore Victor Hugo, il est surtout connu pour ses mélodies irlandaises qui utilisent des airs irlandais avec de nouvelles paroles en anglais. Sur le site de O’Rourke’s table, c’est un poème émouvant que l’on retrouve : The Valley Lay Smiling Before Me.

Au sommet, tendez l’oreille pour y entendre la mélodie de Thomas Moore chanter dans le vent. Un brin du poème, et le reste à découvrir sur place :

The valley lay smiling before me,
Where lately I left her behind.
Yet I trembled, and something hung o’er me,
That sadden’d the joy of my mind.
 
 

Ouvrez les yeux également pour admirer ‘The Sleeping Giant‘, cette formation rigolote et folklorique que l’on observe dans l’horizon.

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