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26 ans, expatriée et toutes mes dents

Le mois dernier, j’ai fêté mes 3 ans d’expatriation en terre irlandaises. Je me suis toujours dit que m’être installée en Irlande était une des meilleures décisions que j’ai pu prendre jusqu’à présent. Et je ne regrette rien, en effet. Dans ce petit article, internaute, tu trouveras une petite réflexion personelle sur l’expatriation, une sorte de petit bilan. Des choses que tu savais déjà peut-être quant à l’expatriation, d’autres dont tu ne te doutais pas? A toi de me dire.

L’EXPATRIATION, ET MOI

Pour te remettre dans le contexte, lecteur, il faut que tu saches que je suis expatriée depuis bien plus de 3 ans. En réalité, cela fait déjà presque 7 ans maintenant que la France et moi nous nous sommes quittées. Au cours des dernières années, j’ai eu la chance de pouvoir vivre dans de nombreux pays, pendant quelques mois ou quelques années. L’ile de la Réunion (3 mois), la Chine (6 mois), l’Islande (3 mois), le Canada (6 mois), l’Estonie (2 ans), l’Italie (6 mois). Et l’Irlande. 1 an à parcourir la République d’Irlande, puis 2 belles années maintenant en Irlande du Nord.

Quand je suis partie pour la première fois aussi longtemps, j’avais 19 ans. J’étais pleine d’ambition (oh, je le suis toujours bien sûr !), d’enthousiasme et de rêves d’aventures. J’avais envie d’aller voir ailleurs, tout simplement. Devenir nomade officiellement, bien que je l’aie toujours un peu été sur les bords.

Mes voyages sont devenus plus longs, mes emplois plus concrets, mes logements moins éphémères. Du stage au CDI, de la chambre d’hôtel à l’appartement, de la semaine à plusieurs mois, j’ai laissé mon habit de voyageuse au placard pour prendre celui de l’expatriée. Je trouve qu’il me va mieux.

Pour ces 3 ans, j’ai commencé à me remémorer tout ce que j’ai pu faire, voir ou bien encore vivre sur l’ile d’émeraude, alors assise au fond d’un bus me ramenant chez moi. J’ai commencé à dresser dans ma tête ce qui ressemblait à une liste, une très longue liste à vrai dire. Puis je me suis dit que je devrais la mettre par écrit, fouler le papier de toutes ces aventures qui ont changé ma vie. Alors j’ai commencé à prendre des notes, à revivre dans ma tête toutes ces belles aventures que j’ai vécu ici. Puis j’ai continué la liste de choses que je n’ai pas encore faites ici et que j’aimerai pouvoir faire un jour (bientôt !). C’est bien, de faire le bilan parfois.

Alors que je faisait ce bilan, j’ai aussi lu l’article de Sophie sur l’expatriation et il y a un paragraphe qui m’a interpellé (dans le bon sens):

« A vouloir tout voir tout expérimenter tout apprendre, goûter découvrir explorer, lentement, pleinement, goulument, saisir toutes les opportunités et laisser le hasard agencer le maximum… je me suis retrouvée, heureuse et hébétée, scotchée sur place à force d’être attirée comme un aimant par ce nord géographique ». 

C’est exactement ça. Je n’aurai pu le dire d’une meilleure façon. Voilà, je suis moi aussi un magnet sur ce frigo qu’est l’Irlande du Nord. Je pensais y revenir pour un an seulement, grand max m’étais-je dit. Les choses n’arrivent (presque) jamais comme on les avait planifiées. Laisser faire les hasards de la vie, c’est bien aussi.

BELFAST, DE L’APREHENSION?

Récemment, on m’a demandé pourquoi j’avais choisi Belfast. Est-ce-que j’étais déjà venue avant de m’y installer ? Est-ce-que le passé de cette ville aurait pu changer ma décision ? Est-ce-que j’ai eu peur à l’idée de venir vivre dans une ville où les troubles sont encore récents ?

Tant de questions qui finalement, m’ont étonnée. Je n’ai pas vraiment choisi Belfast. Un peu comme tout le monde en ce qui concerne l’expatriation, j’ai privilégié le côté professionel avant tout, j’ai trouvé un emploi lorsque j’en avais besoin et par chance, il commençait la semaine suivante. Je n’ai pas perdu de temps, j’ai tout de suite dit oui. Je n’ai pas réfléchis. Je vous épargne les details du fait qu’aller travailler à l’étranger vous évite également des tas de paperasses et des semaines d’attente que j’aurai subit en France.

A l’époque, j’avais déjà habité l’Irlande (Dublin et Cork) pendant une année, j’étais donc un minimum familière avec ce pays. Je n’étais cependant jamais allée à Belfast, seulement passée en coup de vent lors d’un day trip à la Chaussée des Géants. J’avais alors aperçu par la fenêtre de mon bus une capitale petite, des briques rouges, un air british. C’est tout ce dont je me souviens de mes premières impressions de Belfast. J’ignorais alors tout de l’histoire de l’Irlande du Nord – enfin, j’en avais entendu parler brièvement via un documentaire sur Michael Collins projeté en cours d’anglais à Dublin -, je n’avais pas idée de l’ampleur de ce passé et de sa présence encore fortement ressentie dans le nord du pays. Si j’avais su, est-ce-que ma décision aurait été affectée ? Absolument pas. Le pays n’est plus en guerre, qu’on se le dise. Les troubles y sont encore peut-être quelques peu présents en juillet chaque année, mais on est loin de la catastrophe. Rien d’alarmant. Rien qui m’aurait gardée de continuer de vivre cette expérience d’une vie.

*Note: je reviendrai sur cela dans un prochain billet plus en details.

LE CHOIX D’UN MODE DE VIE PAS SI DIFFERENT

Alors voilà, j’ai 26 ans, je suis expatriée, et je le vis très bien. Je ne dis pas que la France ne me manque pas non, elle me manque parfois. Je réalise cela à chacun de mes retours pour y voir mes amis et ma famille. A chaque fois que je mets les pieds dans un supermarché aussi d’ailleurs ou quand je paie mon camembert trois fois le prix. Notre gastronomie me manque, c’est indéniable! Mais on mange aussi très bien en Irlande, on y trouve des produits frais et de bons ingrédients pour concocter de bons petits plats comme chez nous, différents mais (presque tout le temps) aussi bons.

Etre expatriée n’est pas difficile, et puis c’est un choix avant tout. C’est un mode de vie presque identique à celui que l’on aurait adopté dans notre pays natal, simplement sur un autre territoire. Je m’y sens un peu en vacances tous les jours et prend plaisir à découvrir ses régions. Chose que je ne ferai peut-être pas en France. Vous sortez vous, tous les weekends, excités à l’idée de découvrir le village à côté de chez vous ? J’aime quand, lorsque je discute avec ma voisine dans le bus (car oui ici les gens sont sympa et vous font la causette), elle me demande en souriant d’où je viens et si je me plait ici, dans son pays.

J’ai fait le choix de vivre un peu plus loin de la France, dans un autre pays où j’ai trouvé un bon emploi rapidement, où je me suis fait des amis et où je découvre constamment des aspects culturels qui m’emballent. L’expatriation, c’est enrichissant sur bien des aspects de la vie. J’ai aussi fait le choix de vivre un peu plus loin de ma famille et de mes amis certes, mais cela ne veut pas dire que je ne les vois jamais, je reviens au moins deux fois par ans, et en fin de compte j’en profite davantage, les moments sont d’autant plus uniques et précieux quand ils sont rares.

Voilà. J’espère que ce billet vous parle un peu, vous éclaircit un peu sur le choix d’une expatriation. Si Belfast est une destination qui vous plait, je vous invite à lire mon guide pratique: S’expatrier à Belfast: l’essentiel ici!

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Et toi, lecteur, que penses-tu de l’expatriation ?

29 commentaires

  1. Merci de m avoir citée et contente que mes mots aient trouvé un écho à ta situation, très inspirante aussi 🙂
    C est vrai que ce côté « non-prémédité » est vachement sous-estimé… mais décisif, et assez difficile à expliquer, cette transition « de voyageuse à expat ».
    Profite !!!!

  2. Merci d’avoir cité Anthropodcast 😉
    J’ai encore jamais tenté l’expatriation, c’est dans mes objectifs 😉 Pour avoir discuté avec un bon nombre d’expats, je rejoins pas mal tes réflexions, on verra si c’est la même chose en vrai !

  3. Joli billet. J’ai aussi 26 ans et suis expatriée depuis 6 ans après cinq pays et le côté lune de miel commence malheureusement un peu à s’effacer, surtout avec la précarité de mon métier. Mais je vais te suivre du coup !

    • Violaine dit

      Merci Kenza! Je te souhaite bon courage pour ton expatriation! Et je vais aussi suivre ton blog 😀

  4. Bonne perf, à 26 ans, je n’avais plus toutes mes dents 🙁
    Tu viens donc de dépasser mes années irlandaises. J’avais pour ma part levé les voiles après 2 ans 1/2. Je m’y plaisais bien en Irlande, mais je n’arrivais pas pour autant à envisager vraiment d’y rester plus longtemps en fait.

    • Violaine dit

      Merci pour ton commentaire Laurent! Et bien, 2 ans et demi ce n’est pas rien! Je ne savais pas que tu avais vécu par ici. Je t’avouerai qu’avec ce BREXIT maintenant, je ne sais pas trop ce que l’avenir me réserve ici, on verra bien 🙂

  5. Non-prémédité, pas totalement choisi (en ce qui concerne la destination en tout cas) : c’est tout à fait ça. Je m’étonne encore des gens (souvent des petits jeunes d’ailleurs) qui m’envoient des messages via mon blog pour me demander comment j’ai « choisi » Shanghai et la Chine, et qui semblent s’étonner que nous ayons choisi d’accepter cette destination mais que nous ne l’avions ni choisie ni réellement envisagée au départ… Et au final les surprises sont belles, même (surtout) grâce à cette forme d’improvisation…

    • Violaine dit

      Merci pour ton commentaire Tara, je suis tout à fait d’accord avec toi. L’expatriation ce n’est pas vraiment choisir une destination mais plutôt suivre un chemin, un job ou une personne en général. 😀

  6. Je suis devenue expat un peu par hasard, j’avais besoin de changement, je suis partie et … je compte pas revenir.
    Comme tu dis, finalement c’est pas difficile, il suffit parfois de faire le choix de partir et les choses s’enchaînent d’elles-mêmes. J’ai été moi-même surprise de la facilité avec laquelle je me suis adaptée alors que j’habite quand même à Tokyo. J’ai vécu toute ma vie dans un petit village alors j’aurais jamais pensé que je survivrais à cette ville.
    L’expatriation apporte pas mal de surprises faut croire.

    • Violaine dit

      Ahah je suis d’accord! Tant que l’on est en paix avec son choix alors il suffit de se lancer. Après, il faurt s’adapter mais je pars du principe que quand on veut, on peut! 🙂 Merci pour ton commentaire! 😀

  7. J ai pensé un moment à l expatriation, finalement ça ne s est pas fait et maintenant cela ne fait plus parti de mes projets.
    C est bien que tu es pu trouver ton équilibre à Belfast. J avoue que je ne connais pas Belfast

    • Violaine dit

      Merci Tania! L’expatriation est un grand projet! Merci pour ton commentaire en tous cas! 🙂 Et si tu es de passage à Belfast, fais-moi signe! 😀

  8. Les choses se font naturellement parfois sont qu’on ne s’en rende compte. Depuis 2009 je ne suis en France que par périodes et parfois je me sens voyageuse, parfois je sens que je tend vers une vie locale bien installée… On verra bien où cela me mènera. Je continue à te lire en tous cas.

    • Violaine dit

      Merci Perrine! Ce n’est pas toujours facile d’être expat’ et de « trouver sa place », je suis d’accord. 😉

  9. J’adore la nouvelle version de ton blog, et tes récits, toujours plus authentiques, bravo à toi, il est très bien construit, & la lecture est facile et donne envie de te connaître encore +
    Bises, bonne soirée

    Alex

    • Violaine dit

      Merci Charlotte! 🙂 Je n’avais même pas fait attention à ta séléction et je m’en vais la lire de ce pas! 😀 Merci!!

  10. Clélia dit

    Tu nous manque ma Vio mais juste de lire ce sublime article on sait que tu es à ta place 😉
    Ça donnerai presque (ou complètement) envie de devenir une expat’ !
    Continues de nous faire rêver <3

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